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Les marques investissent les médias sociaux

2010/02/08 1 commentaire

Dans une longue synthèse illustrée, Laurent Demas rappelle les grands succès que connurent certaines marques sur Internet en « utilisant » les réseaux sociaux. Le terme « utiliser » semble ici adéquat car, comme dans tous descriptifs, il est difficile de mesurer et d’apprécier à quel point cette présence s’inscrivait dans une stratégie de long terme.

Les exemples cités sont :

  • le lancement de la Ford Fiesta aux Etats-Unis où l’entreprise propose de tester gratuitement le véhicule ;
  • une communication de Mark & Spencer suite à une grogne sur ses tarifs qui lui a fait découvrir la nécessité d’interagir avec ses clients ;
  • la campagne de marketing viral de BeterZ demandant à chacun, sur Facebook, de remplacer sa photo par le logo du site de jeux en ligne ;
  • le lancement d’un livre, orienté Web, avec comme cadeau – très important pour assurer l’adhésion – une dédicace ;
  • une campagne, sur le modèle de BeterZ, pour un programme TV tunisien à destination des jeunes.

Au- delà de ces réussites, beaucoup insistent sur la nécessité d’intégrer la présence sur les médias sociaux au sein d’une stratégie globale et non plus descendante comme la publicité de nos grands-parents. Ainsi, @PublicActif rappelle trois critères essentiels pour déterminer les entreprises qui acceptent de « jouer le jeu ».

Pour résumer, il existe selon lui :

  • celles qui sont là par accident car « il faut y être » ;
  • celles qui investissent un nouveau média de communication / publicité ;
  • celles qui s’investissent en adoptant de nouveaux usages et en participant à leur création.

Et de proposer une analyse, sous forme de répertoire, des marques présentes sur Twitter et de l’usage qu’elles en font. Pour aller plus loin, on pourra également se reporter au travail de référencement d’@Referencement qui propose une liste des entreprises françaises présentes sur Twitter.

Face à ce foisonnement d’initiatives, @Cedric Deniaud propose un état des lieux des stratégies mises en œuvre par les marques sur Twitter.

Après avoir rappelé les principaux chiffres d’utilisation de la plateforme et ses usages, il s’intéresse aux marques françaises pour en tirer 5  conseils :

  1. respecter la charte graphique de la marque en personnalisant son compte et en choisissant un compte approchant de sa dénomination courante ;
  2. s’exprimer dans la langue d’expression de ses « cibles » ne serait ce que pour les interactions soient compréhensibles et intégrées par tous les followers ;
  3. ne pas laisser sa présence sur les médias sociaux en friche : une présence silencieuse est pire qu’une absence ;
  4. interagir, réagir, discuter avec ses followers car il ne s’agit pas d’un panneau d’affichage sur le bord de l’autoroute ou dans un magazine papier (ce qui présuppose une stratégie de dialogue pour éviter le n’importe quoi) ;
  5. associer les membres de l’entreprise à la démarche car ils sont, souvent, les premiers représentants d’une marque.

Sans ces quelques principes de bases, mis en œuvre par les utilisateurs de « base », l’effet peut être catastrophique ou, dans une moindre mesure, représenter un investissement inutile.

Quoiqu’il en soit, la présence sur les médias sociaux est par définition visible. Elle permet donc à chacun de décrypter les stratégies des marques comme le fait fort justement MalineaConseil à propos de Cdiscount :

Cdiscount a pris conscience de l’essor de facebook et twitter. Ne voulant pas voir se reproduire les dérives qui avaient eu lieu sur les forums, ils ont décidé de rapidement occuper les lieux.

Les données, que nous vous avons indiquées plus haut, montrent que le rythme de publication sur ces comptes/pages est très très faible (si l’on tient compte de la force de la marque cdiscount en dehors des réseaux sociaux et de l’ancienneté de ces comptes/pages).

Une étude du contenu de leurs messages nous apprend autre chose: leurs comptes twitter ne servent qu’à relayer des offres  promotionnelles! Même le compte de LaFourmilière,  qui représente pourtant le visage communautaire de Cdiscount, ne fait pas de veille sur les plaintes ou remarques clients mais simplement retweet les autres comptes du site. Les quelques interventions du compte en direction de clients sont pour le rediriger vers le site de LaFourmilière,…

Il en est de même sur leurs pages facebook, qui diffusent les promos de cdiscount.com et ne laissent pas de place aux commentaires des « fans » et clients.

A contrario, nous citerons, pour finir, l’exemple, de Ferrero qui a non seulement décidé de lancer une stratégie multi-supports mais a décider de s’investir largement en s’entourant de partenaires :

Nous travaillons avec KR Digital, Heaven, Atafoto, CRM Company, 4D. Nous sommes en phase de test et nous ne voulions pas faire porter autant de risques à une seule agence. Le digital est le monde le plus complexe  en développement, par la profondeur du média. Le champ des possibles est tellement large qu’il demande des talents très différents. Travailler avec beaucoup d’agences nous demande plus de temps, mais nous donne un résultat plus qualitatif.

Les médias sociaux contre les marques ?

2010/01/01 4 commentaires

Penn Olson, dans un article intitulé 5 Media Social Disasters, revient sur cinq épisodes emblématiques de l’année 2009. Pour trois d’entre eux, des entreprises ont voulu “jouer” avec les internautes en les influençant de façon indue ou en ne respectant les règles tacites du Web 2.0, ce que certains appellent son “intelligence collective”. Les deux autres, plus classiques, mais ayant bénéficié de la caisse de raisonnance des médias sociaux, rappellent s’il en est besoin la nécessité de suivre ce qui se dit sur soi en dehors de ses canaux de communication corporate.

Petite revue de l’année 2009 (synthèse des cas présentés dans l’article original).

Honda : l’entreprise publie une photo de son prochain Crosstor sur Facebook. S’ensuit une déferlante de commentaires négatifs. L’un des responsables du projet se sent obligé d’intervenir “comme un internaute lambda”, à visage masqué. Il est rapidement démasqué grâce, notamment à son profil Linkedin. Il aurait mieux fait d’assumer sa fonction et de discuter avec ses “clients” en tant qu’acteur de son entreprise recueillant les avis d’un de ses produits et essayant de comprendre ce qui ne va pas, voir d’expliquer les choix ayant abouti à ce projet.

Taco Bell : une vidéo postée sur You Tube montrant un rat déambulant sur les toits d’un magasin de New York fait le tour du Web (2 millions de vues). Assimilée à un grave problème d’hygiène, cette vidéo a entraîné une chute des ventes de l’ensemble des 7 000 boutiques. L’entreprise aurait été mieux assurée d’intervenir immédiatement et de lancer une reconquête de ses clients (à l’exemple de Domino’s Pizza). La politique de l’autruche ou, pire, le mépris des sujets qui agitent les internautes se révèle catastrophique.

Asus : l’entreprise lança un concours pour élire l’internaute rédigeant les meilleurs analyses sur ses produits. Celui-ci devait être élu par ses propres lecteurs, clients potentiels de la marque. Mais celle-ci, n’appréciant pas leur choix, changea les règles du jeu au dernier moment. La volonté de contrôle et d’opacité ne peut fonctionné lorsqu’on fait potentiellement appel à l’ensemble des internautes, surtout si dans le lots se trouve un certain nombre de Geeks ;-)

Domina’s Pizza : des employés indélicats diffusèrent une vidéo écoeurante dans laquelle ils “souillent” une pizza avant de la remettre à un client. Plus d’un million de personnes a vu cette vidéo mettant à mal 50 ans de bonne réputation. La réponse fut immédiate par la création d’un des premiers comptes Twitter (réellement actif car échangeant avec les clients) et par la diffusion d’une vidéo des excuses du CEO sur You Tube (MédiasSociaux propose une excellente synthèse de l’affaire).

Belkin : le responsable des revendeurs des produits du fabricant d’accessoires informatiques, a tout simplement demandé aux internautes de poster des avis positifs sur ses produits contre rémunération. Cette “offre de services” a ainsi été déposée sur Amazon et d’autres plateformes marchandes. Face au tollé provoqué par la découverte de cette manoeuvre, héritée du “marketing viral” des années 90, le PDG de l’entreprise s’est fendu d’un communiqué de presse dénonçant ses pratiques et les qualifiant de cas isolé.

Un dernier cas plus atypique vient conclure cette revue. Michael Arrington, patron de Tech Crunch interpellant sur le compte Twitter de la revue (12 000 Followers à l’époque) le FAI Comcast : il n’arrivait pas à joindre la Hot Line. Dans les vingt minutes… tout était rentré dans l’ordre. Il y’en a qui ont de la chance.

Cela n’est pas sans rappeler la célèbre histoire de Jeff Jarvis contre Dell et la stratégie Web 2.0 qui en découla. Mais cet épisode mérite un billet à lui tout seul… D’autant que s’il se remet en colère, avec 33,282 Followers, on va l’entendre…

D’autres exemples aussi critiques ? C’est à vous de jouer…

Après Estrosi, Chevenement lance son appli iPhone

2009/12/23 1 commentaire

Photo CNET France

Après Christian Estrosi, c’est au tour de Jean-Pierre Chevenement de lancer une application à destination des utilisateurs d’iPhone. Là encore, rien de bien nouveau, rien de spécifique à l’iPhone. Un “simple” condensé de ses informations centralisées sur une celle est même interface.

En voulant surfer sur la mode de l’iPhone, les élus risquent d’aller trop loin. Tout d’abord cette application se destine à une certaine élite possédant un appareil « bling-bling » (même si les promotions de fin d’année le démocratisent à toute vitesse). De plus, cet outil n’apporte pas de contenu supplémentaire : il s’agit d’une simple reprise de l’existant.

La réaction  des internautes à l’application de Christian Estrosi fut immédiate : « on touche le fond », c’est « la blague du jour », etc. Pour d’autres, le buzz médiatique provoqué par cette annonce est l’occasion de ressortir les vieux dossiers comme cette parodie de la « Folie des Grandeurs » sur YouTube.  En effet, il est mal venu d’utiliser ses capacités financières pour s’imposer sur la Toile. Celle-ci doit rester un lieu d’échange où la popularité n’est pas liée à des coûts de développement mais à des échanges interactifs.

On se souvient de la polémique liée au nouveau visuel de Désirs d’avenirs, un fiasco à 41 000 €. Puis ce fut Valérie Pecresse d’être épinglée pour avoir fait développer son site des régionales en… Ukraine pour un budget de 5 000 €.

Pourquoi un tel acharnement ? Parce que les Internautes sont prompts à dénoncer l’instrumentalisation à des fins marketing et non plus de dialogue. D’ailleurs, pour en revenir à Christian Estrosi, le verdict est sans appel « aux vues de ses comptes Twitter (vide) et Facebook (simple relai de son site)… ». Utiliser le Web 2.0, c’est accepter rapport désintermédié entre représentants et représentés (l’internaute peut parler désormais sans intermédiaire à l’homme politique via les forums, chats et blogs).

Il ne s’agit plus d’un communication descendante, voir, bien pire, de nouveaux outils développés à des fin de propagande…

Catégories:Communication, Politique
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