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Facebook : politique 2.0 ou communication 0 pointé ?


Depuis le début de l’année 2009, existe le Top 100 des politiques sur Facebook. Cette analyse quantitative prend en compte les supporters (pour les pages de Fan) et non les amis (sur les pages personnelles) ou les groupes de soutien. De mois en mois, le classement évolue en fonction des « compétences » des uns et des autres à rassembler de nouveaux venus indépendamment du calendrier électoral : c’est une stratégie de communication à part entière et un véritable enjeu qui mobilise les internautes.

Ainsi, comme le remarque Vincent Ducrey, conseiller Internet du Gouvernement, « il y a une véritable pression sociale à l’immédiateté. Or les pages pro sont des lieux de diffusion de contenu contrairement aux profils perso destinés à l’échange. » Mais, au-delà des attendus, chacun gère – fait gérer – sa page comme il l’entend, au grand dam de certaines équipes de communication.

Cependant, de cette « mode » importée des Etats-Unis, les usages du dialogue ne sont pas les mêmes :

« Le discours doit être direct. L’utilisation du « Je » ou du « Vous » est déterminant dans l’établissement d’un dialogue. Les médias sociaux sont communautaires, ils ne sont pas un lieu où l’on va uniquement poser un discours. Web 2.0 = Echange, ne l’oubliez pas. Et la FanPage est tout aussi importante que le simple profil, voir plus. »

« Le discours doit être personnel, sans s’éloigner des chemins politiques. Parler de sa vie, comme l’a fait NKM avec l’annonce de sa grossesse (peut être allée loin là), sans pour autant oublier que l’on est avant tout une personnalité politique qui représente des idées » et non un simple un citoyen contrairement à ce qu’a pu croire la ministre de l’Intérieur d’Uruguay, Daisy Tourne.

D’ailleurs c’est ce que font les personnalités politiques américaines :

Barak Obama a demandé directement à ses fans d’exiger de leurs élus qu’ils soutiennent la réforme du système de santé américain. Plus de 1 million de personnes l’ont suivi, affirme-il, dans un de ses derniers messages. Quant à Sara Palin, candidate malheureuse à l’élection présidentielle américaine, elle a démissionné de son poste de gouverneur de l’Alaska et a réservé ses commentaires à ses 689.000 supporters sur Facebook.

On est dans le registre de la communauté et non dans la transposition d’une stratégie de communication sur de nouveaux canaux. « Stephanie Taylor, responsable éditoriale de Democrats.org et membre de l’équipe d’Howard Dean sur Facebook explique comment le profil du candidat permet de toucher notamment la population universitaire, difficile à atteindre via le marketing politique traditionnel. L’objectif est de construire une communauté autour d’intérêts communs et de valeurs partagées, puis d’organiser l’action politique. » Indirectement, on comprend la nécessité de se consacrer  à sa page de Fan qui sera le reflet de son action politique en étant un hub pour que les militants / sympathisants fassent suivre l’actualité d’une campagne ou d’une action politique et ainsi augmenter le nombre de Fan. Il s’agit bien d’un réseau social dont la fonction est de s’enrichir. D’ailleurs,

Deux facteurs essentiels se dégagent, selon Valerio Motta, ancien secrétaire national du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et conseiller en communication politique : la facilité d’utilisation qui permet une communication rapide des informations aux sympathisants, et la « perméabilité » des groupes. D’un clic, des liens se nouent avec des groupes indirectement liés à la politique. « Le travail le mieux fait sur Facebook, c’est celui qui ne se voit pas.

Pourtant, aujourd’hui, la situation de la France est proche de ce que décrit Francois Heinderyckx, professeur de sociologie des médias et de communication politique :

« Dans le cas d’Obama, Facebook fut utilisé comme élément d’une stratégie, comme un maillon d’une chaîne qui permettait le recrutement des militants et qui ensuite leur donnait les outils pour effectuer un travail de terrain. Il n’y a, à ma connaissance, rien qui s’en approche en Belgique. Chez nous, il s’agit simplement d’un outil qui fait partie d’un kit, d’une palette d’outils minimum standards qui confère aux politiques une image d’hommes ou de femmes modernes, au même titre que l’étaient leurs premiers sites web il y a quelques années ».

Le risque est donc de se discréditer en intégrant une communauté dont on ne maîtrise pas les usages et de mettre en place « une forme évoluée de propagande, en somme, très éloignée de l’esprit du net : la communication devient alors un mensonge et le message s’apparente une communication classique, institutionnelle. »

Alors, pour ne pas tromper les internautes et ne pas se tromper, Fluctuat propose 10 conseils pour ne pas rater sa campagne sur Facebook :

1. Consacrer du temps à la recherche de contacts susceptibles d’être sensibles à la cause que l’on défend. Une personne bien choisie que l’on invite personnellement peut être amenée à recruter des centaines de membres.

2. Recruter des contacts dans les groupes similaires (thématique, couleur politique, etc.).

3. Utiliser des applications tierces (entretenir de bonnes relations avec leurs développeurs), voire même créer sa propre application.

4. Préférer à un(e) seul(e) groupe/cause lié(e) à son organisation les groupes/causes spécifiques. Les gens s’engagent plus facilement sur un sujet particulier.

5. Répondre à tous les messages, aux sujets de discussion et aux inscriptions sur son « wall », et si personne ne dit rien, lancer la conversation. Montrer qu’il y a une interaction entre l’organisation et les membres est essentiel et donne son sens au réseau social.

6. Contrôler les discussions et utiliser le groupe comme un forum pour exprimer les positions de son organisation sur certains sujets.

7. Poster les dernières nouvelles et informations de campagne dans le « discussion board » et sur le « wall ». N’utiliser les messages individuels que pour les informations urgentes et les invitations aux actions.

8. Inviter les contacts à reposter les évènements et les liens sur leur propre profil.

9. Uploader des vidéos, des photos sur son profil et demander aux contacts de poster des contenus liés (photos d’une manifestation par exemple).

10. Utiliser la section « Officers » du groupe : récompenser l’engagement des membres en leur donnant un titre et ainsi les encourager à recruter plus de contacts.

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Catégories :Communication, Facebook, Politique
  1. 2009/12/08 à 16:08

    Excellente analyse. Les recommandations de Fluctuat sont particulièrement bien vues…

  1. 2011/02/08 à 11:45

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