Les mésaventures numériques d’Yves Jego

Et de deux pourrait-on dire. Après une entrée remarquée sur Twitter, Yves Jego a décidé de proposé un sondage sur son site contre l’actuel président de la région Ile de France. Au-delà de l’aspect très 90 de ce genre de sondage, chacun sait depuis des années que ce genre de script est buggé.

Ca n’a pas loupé. Comme l’explique l’Express, les Internautes ont suivi en masse les consignes pour transformer ce sondage en Potacherie 2.0 :

Il n’en fallait pas plus pour amuser le microcosme de Twitter. Et c’est le collectif humour de droite, toujours prompt à repérer le moindre faux pas de la majorité sur le Web, qui se charge de relayer l’information sur le site de micro-blogging comme sur Facebook. Ajoutant une nouvelle découverte : à chaque actualisation le score du sondage change, sans même un clic sur le bouton « voter ». Très vite, les scores s’emballent de 83 votants on passe à 1606. La dernière capture d’écran qui a pu être prise, par Vinceakadiego, comptabilisait 5370 votants avant que le sondage soit tout simplement supprimé.

Yves Jego n’hésite pas à parler de « manipulation informatique » pour justifier cette catastrophe, un peu à l’image Frédéric Lefebvre qui lors de son entrée fracassante sur Twitter avait invoqué des problèmes techniques pour justifier la disparition de son compte… alors que les Internautes l’avait massivement déclaré en Spam. D’ailleurs, un article du Post rebondit sur cette dimension technique pour signaler :

Une fois le résultat de ce sondage (mal) digéré, celui-ci conclut : « Il s’agit d’une manipulation informatique grossière orchestrée par ceux qui n’ont pas très envie qu’une expression libre des Franciliens puisse prospérer ». (…) Sa démonstration est faible, puisqu’il aurait pu facilement apporter la preuve du méfait avec ses statistiques journalières. En effet, si celles-ci avait été inférieures à 5370 personnes dans la journée, preuve aurait été apportée de la manipulation. Mais il n’y a sans doute pas pensé.

Une fois encore, on ne peut investir le Web sans en connaitre les usages et les ressorts. Contrairement à un meeting ou à une intervention télévisée les gens ne sont pas là pour écouter. Lorsque les politiques investissent les territoires numériques ils sont attendus : ils ont mis du temps à s’y intéresser trop occupés à les dénigrer ou à vouloir les contrôler. De là à dire qu’ils ne sont pas les bienvenues…

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Politest vous aide à voter

Alors que les élections régionales approchent à grands pas et que la campagne s’est jusqu’à présent focalisée sur les querelles de personnes et de partis, une nouvelle application iPhone devrait vous permettre de choisir pour quel parti voter indépendamment des candidats qui les représentent. Il s’agit de Politest, déclinaison du site éponyme.

Pour mémoire, il s’agit de remplir un questionnaire en 12 + 2 points liés aux grands sujets d’actualité. Ensuite, les résultats apparaissent classés en fonction de trois grands thèmes : « l’économique et le social », « les manières de vivre » et » l’identité et la responsabilité ». Vous savez ainsi duquel des partis proposés vous êtes le plus proche. Le taux de satisfaction affiché sur le site web laisse rêveur.

Un bon moyen pour se motiver en retrouvant les fondamentaux de la politique….

Catégories :Outils, Politique

iPecresse dans la tourmente

Valérie Pecresse a lancé son application iPhone de façon relativement discrète comme Christian Estrosi ou Jean-Pierre Chevenement avant elle. On retrouve le même problème que précédemment : une « version mobile » d’un site web sans interactivité. Ce qui est le plus dommageable, à mon sens, c’est que cette initiative se traduit par des critiques supplémentaires. En effet, sur l’Apple Store s’affiche une critique de l’application reprise en boucle par tous les sites qui traitent de cette application  :

Une application très decevante. Aucune interractivité, les contenus sont les mêmes que ceux du site : des communiqués de presse sur l’affaire Soumaré, des photos de meeting, une bio de Pecresse, un lien vers un compte twitter sur lequel il ne se passe rien. Aucun moyen d’entrer en contact avec d’autres citoyens ou avec l’équipe de campagne. Pas de possibilité de proposer des choses. Pas de fonction push pour être tenu au courant des dernières actus. Cerise sur le gâteau, Pecresse n’a même pas de programme dispo… l’appli est donc sans intérêt, à l’image de la candidate.

Je m’interroge sur la sagacité des militants UMP qui laissent un tel commentaire apparaitre. Une bonne stratégie aurait été de télécharger en masse cette application et de lui accorder une excellent note assortie de commentaires élogieux. L’application aurait ainsi pu se classer dans le Top 10 et fournir une caisse de résonance positive à cette initiative. Quel dommage !

Enfin, peut-être que lors du lancement de la V2 une véritable stratégie concertée et cohérente de communication sera mise en place d’autant qu’elle promet une  réelle utilisation des capacités de l’iPhone :

Une version 2 de l’application V.Pécresse est prévue pour cette semaine avec l’ajout d’un agenda géolocalisé et du programme qui communiquera en temps réel l’ensemble des évènements organisés à proximité de l’utilisateur.

Catégories :Outils, Politique

Tweet Feel mesure la tonalité des messages sur Twitter

En lisant une article sur la stratégie de Toyota qui a récemment ouvert un compte Twitter afin d’interagir directement avec ces clients, j’ai découvert un nouvel outil, Tweet Feel qui mesure la tonalité des messages postés sur Twitter.

Avec le terme Toyota, le résultat est relativement impressionnant. Chaque nouveau tweet indexé se colore en rouge ou en vert en fonction de la tonalité générale. De plus, la page est dynamique : les messages apparaissent les uns à la suite des autres au fur et à mesure de leur indexation. Ça en jette …

Cependant, on s’aperçoit rapidement que le répertoire servant à la mesure de la tonalité des messages est limité à quelques expressions et concepts comme :

  • « fuck », « stupid », « crappy », « is better than » (placé avant le mot clé), etc. pour la tonalité négative.
  • « love », »is better than » (placé après le mot clé), etc. pour la tonalité positive.

Enfin, en raison même de l’aspect limité de ce répertoire, seuls les messages écrits en anglais sont indexés… et, encore, seulement s’ils contiennent des expressions comprises – dans les deux sens du terme – dans le répertoire de concepts.

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Des Régionales qui tweetent

2010/02/24 3 commentaires

Alors que ces dernières semaines les journalistes ont fortement décrié l’utilisation du Web 2.0 comme outil d’information, il semble que depuis ce Week-end, une tendance inverse voit le jour.  Les sites de presse semblent bien décidés à multiplier, en partenariat avec les agences de communication, les pages Internet agrégeant les  publications sur le Web 2.0 des candidats aux élections régionales.

Le principe de l’agrégation des Tweets n’est pas nouveau. D’abord il y a eu les listes de comptes – regroupés par thématiques – tandis que dans le même temps, profitant des API de Twitter, des sites se créaient pour regrouper les interventions des élus en offrant une interface plus « lisible » aux internautes. Citons, à titre d’exemple, le travail entrepris par Poli Twitt puis, plus récemment, par Le Post et la Net Escouade avec Tweest.

Aujourd’hui les choses vont plus loin, comme si les Régionales 2010 devaient être « l’année (zéro) des candidats sur Facebook et Twitter » comme l’écrivait la semaine dernière Hervé Pargue sur Read Write France. En reprenant l’étude publiée sur Pargatruk.fr, l’auteur s’intéresse aux stratégies des candidats. Il note que les candidats ne suivent que très peu de personnes et sont là pour relayer des communiqués de presse. Ils sont dans une posture de communication descendante sans engager le dialogue avec les internautes. Ils se livrent à une guerre des chiffres (nombre de fan, de followers, etc.) somme toute imposée par l’analyse des médias sociaux. Aucun outil ne permet de mesurer les réponses et les échanges sur les médias sociaux si bien que la toise, comme il y 10 ans sur Internet, se limite à une visibilité arithmétique et non pas qualitative.

Doit-on en conclure qu’il s’agit d’une conséquence « de la dictature du médiatiquement correct [qui] contraint chacun à être présent sur les médias sociaux » ou, au contraire, des balbutiements d’une démocratie de proximité ?

Si on se réfère au tollé provoqué par Chantal Jouanno lorsqu’elle déclara sur Radio J que Twitter n’était pas à la hauteur de la politique,  il existe une véritable demande de la part des internautes quant à une proximité réelle et assumée des candidats vis-à-vis des citoyens. Il pourrait, en fait, être réellement question d’une Année 0 de la Démocratie Web 2.0 qui se cherche entre impératifs de Partis et jugements à l’emporte pièce d’une presse qui refuse de ne plus être l’intermédiaire pontifiant des prises de positions des élus. Cette double frontière commence d’ailleurs à s’effriter. Le Monde n’a-t-il pas créé un compte Twitter dédié aux élections régionales ?

Quoiqu’il en soit, de nouveaux outils ne cessent de fleurir sur la toile. Rue 89 vient de commettre le sien qui ne semble s’intéresser qu’aux responsables des partis et / ou à l’Ile-de-France. De son côté Fluctuat propose Twitter les Bains. Ce répertoire ne recense que les comptes identifiés par les noms des candidats. En Languedoc-Roussillon le résultat est, pour une fois, 100 %  dédié aux Régionales, débarrassé des scories politiciennes. Plus intéressant encore, l’outil permet de mesurer – en cliquant sur la flèche accolée à son compte – le registre sémantique associé aux interventions du candidat.

Ces nouveaux « panneaux d’affichage » doivent être doublement investis par les candidats : à la fois comme éléments de proximité à destination des électeurs mais, également, comme source d’information  pour les journalistes en charge du suivi de la campagne.

Catégories :Politique, Twitter

Chantal Jouanno snobe Twitter

2010/02/21 2 commentaires

Après ses déclarations sur le travail dans le secteur privé qui ne « lui correspondait pas » – dommage pour ceux qui n’ont pas d’autre choix pour vivre – notre ineffable secrétaire d’Etat à l’écologie et tête de liste UMP à Paris pour les élections régionales s’en prend maintenant aux internautes en dénigrant l’usage de Twitter :

‘Quand on fait de la politique via Twitter, en général, ça ne donne pas grand chose de bon. Je trouve que le message politique ne peut pas passer sur Twitter. C’est la première campagne qu’on voit avec Twitter et globalement je trouve que ce n’est pas à la hauteur du politique’, a-t-elle lancé.

Peut-être, comme le rappelle Le Figaro, que cette déclaration intempestive est liée à une affaire personnelle :

Le mois dernier, Chantal Jouanno avait été la cible de railleries sur le réseau social à la suite de ses déclarations sur la ligne 14 du métro parisien qu’elle souhaitait automatiser. Tête de liste PS pour les régionales, son adversaire Anne Hidalgo est elle suivie par près de 3.500 personnes sur Twitter.

C’est étrange, j’ai le souvenir d’une certaine NKM qui occupa ses fonctions avec l’indépendance qu’on lui connaît et qui a popularisé Twitter auprès de la classe politique. J’ai comme l’impression que cette dernière est bien plus à la « hauteur » de sa fonction et de la position qu’elle assuma durant son mandat avant d’être évincée aux profits d’intérêts génétiquement nauséabonds modifiés.

J’aime suivre son travail et, en ce moment, sa campagne en quelques mots rapides. Je n’ai pas le temps d’en entendre plus et je ne suis pas à la « hauteur » pour comprendre des programmes que se repiquent se refilent proposent alternativement Droite et Gauche.

En attendant, il serait peut-être nécessaire de déclarer son compte comme Spam : il ne sui sert à rien et les personnes abonnées ne sont pas à la « hauteur » de ce qu’elle n’écrira jamais. Je pense qu’il s’agit d’un compte techniquement et fondamentalement indésirable.

Peut être que cette mesure lui apprendra à réfléchir à compter comme le fait remarquer Gilles Klein qui rappelle fort à propos que Twitter c’est 140 caractères et non 120…

En attendant ce sont les internautes qui apprécient cette sortie. Espérons que les électeurs soient à la « hauteur » 😉

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Les créateurs de possibles à la fête

Depuis quelques temps la tension monte doucement concernant la plateforme « sociale » de l’UMP. Déjà la semaine dernière avait été publiée des statistiques comparatives sur les deux réseaux sociaux concurrents en provenance d’Alexa. Dans le même temps, les médias s’interrogeaient sur la stratégie dans laquelle s’inscrivaient ces réseaux car personne, au sein même des partis politiques concernés, n’était à même de l’expliquer comme le montre cet extrait d’un article du Post :

« Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais par exemple, après le tremblement de terre en Haïti, beaucoup de « possibles » ont été créés pour qu’une aide soit organisée indique Benjamin Lancar. Du coup, cela a incité les Jeunes Pop à faire un appel aux dons. »
Au Parti Socialiste, il y a eu « plus de 3 500 événements créés. C’est ça la vraie valeur ajoutée, l’organisation locale d’événements, d’outils de campagne » indique David Assouline, secrétaire national à la communication du PS.

Maintenant, on est carrément passé en mode Bad Buzz :

Deux éléments ont déclenché cet emballement médiatique en ligne : une querelle de chiffre et la sortie de Benjamin Lancar, responsable des jeunes UMP.

Concernant les chiffres, nous ferons référence à cet article du Point :

La plate-forme communautaire « les créateurs de possibles » reste encore confidentielle. Avec 7.002 membres actifs, le site a été visité par près de 100.000 visiteurs uniques depuis le 7 janvier, selon l’UMP. (…) Pour le moment, la plupart des 1.329 initiatives lancées par les internautes résonnent comme des soutiens (voire des critiques) aux têtes de liste UMP pour les régionales ou à la politique du gouvernement.

Depuis le lancement national de son réseau social « La Coopol », le 12 janvier, 20.000 personnes se sont enregistrées, s’enorgueillit le PS. (…)

Et là, c’est le drame. Les dirigeants de l’UMP lisent les chiffres : je vois d’ici le tableau statistiques avec la courbe des inscriptions bloquée   à 7 000 inscrits. La réaction est alors « violente » :

Benjamin Lancar a commis l’une des plus belles bévues du moment, en menaçant d’exclusion, via mail, tous les responsables départementaux des jeunes UMP. Voici son message : « Salut à tous, Le secrétaire général (Xavier Bertrand) a demandé à ce que tous les rdj, (responsables départementaux des Jeunes Populaires), soient inscrits sur les ‘Créateurs de possibles’.Ceux qui ne le seront pas d’ici mardi seront démis de leurs fonctions. Le message est donc clair, il nous faut donc grandement nous mobiliser. »

Le tollé est immédiat. A tel point que Frédéric Lefebvre parle « d’excès de zèle« . De son côté, Benjamin Lancar explique à Libération :

La menace de sanction n’était qu’une «blague pas drôle», «du second degré». «Ce ne sont évidemment pas les méthodes de l’UMP», assure-t-il, invoquant le concept des Créateurs de possibles, accessibles aussi aux sympathisants : «Le site est justement très ouvert, on ne va donc pas utiliser des méthodes sectaires.»

Finalement, la meilleure synthèse de cet échec en devenir  nous provient, ce matin, de l’analyse la chronique de Stéphane Guillon :

Personnellement je n’arrive pas à comprendre ce qui motive ces deux partis à créer des réseaux « privatifs » hors des résaux sociaux habituels où les gens se croisent depuis de nombreuses années maintenant. Les dernières élections avaient vu une explosion des pages sur Facebook dédiées aux candidats, élus, municipalités. Nos « dernières actu » sur Facebook étaient émaillées d’actualités politiques nous rappelant que les élections et la politique nous concernaient d’autant plus qu’elles étaient animées et préparées par des gens comme nous, nos « Friends ».

Je ne vois pas pourquoi des non militants viendraient s’investir sur des réseaux politiques. Ça risque de devenir chacun chez soi !!! Une peu comme si existaient des urnes pour les militants et d’autres pour les simples citoyens.

Et la Coopol ? Peut être aussi un Bad Buzz en devenir. Cet article d’Interpol se termine par une analyse en forme de mise en garde :

Mais aux vues des dépenses qu’engendre un tel site, les résultats 2/3 mois après le lancement du site sont plutôt mitigés. De nombreux groupes ont été créé, mais très peu de membres dans chaque groupe, pas plus de 20 ! Si le but du site était d’attirer des personnes extérieures au pati socialiste, c’est un peu raté. Le réseau social est quasi exclusivement utilisé par des membres du parti. Je crois avoir lu que ce site était un test pour les présidentielles 2012. il y donc d’énormes changements à mettre en oeuvre, et une stratégie de communication à définir pour réussir un tel projet. Mais la question à se poser, c’est un parti politique a-t-il réellemen besoin d’un tel site ?

Finalement, en remettant tout le monde sur Facebook, peut-être que les choses s’arrangeraient et qu’on pourrait de nouveau parler politique ? Rien de moins certain selon l’Express qui nous apprend que les réseuax sociaux politiques tentent d’envahir les réseaux sociaux traditionnels :

Sur Facebook, les Créateurs de possibles ne font pas davantage recette. En effet, sur Facebook les « Créateurs de Possibles » ne possèdent pas de « fan page », mais un groupe. Celui-ci rassemble uniquement 229 membres – moins que le groupe « Club Villepin »et ses 978 membres. Un second groupe: « Les Créateurs de Possibles- Objectif: 500 000 militants UMP pour 2012! » arrive quant à lui à regrouper 1705 internautes. En comparaison, la Coopol, le réseau social du PS, a opté pour une page de fans qui réunit 2 704 fans.